MENU SERGE PEY / POÉSIE D'ACTION
 
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d'Adonis
à Esther Ferrer
d'Alain Freixe
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de Philippe Marty
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De quelqes caractéristiques
dans l'art d'action de Serge Pey

par Bartolomé Ferrando


 

Écouter

Écouter, c’est ressentir

Écouter, c’est  ressentir qu’il y a quelque chose en arrière, plus loin

Écouter quelques mots c’est regarder par dessus de ces mots

Écouter quelques mots c’est regarder et ressentir

Écouter quelques mots c’est regarder et ressentir au-delà de ces mots

Écouter quelques mots c’est vibrer au-delà de ces mots

Les mots de Serge Pey, se cachent et s’abritent  dans sa voix

Écouter celui qui coupe la peau des mots et les ouvre comme un fruit frais

Écouter Serge Pey, qui coupe la peau des mots et les ouvre comme un fruit frais

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix au-delà de sa voix

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de ses pieds au-delà de ses pieds

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps au-delà de son corps

Écouter Serge Pey c’est s’introduire dans sa respiration au-delà de sa respiration

Pour Serge Pey, l’art est une respiration dans la contradiction

La respiration fait partie de l’espace

La respiration dans la contradiction fait partie de l’espace

La respiration fait partie de la performance

L’espace fait partie de la performance

On choisit l’espace quand on veut faire une performance

J’ai vu Serge Pey choisir des espaces ponctuels

J’ai vu Serge Pey choisir des espaces circulaires

J’ai vu Serge Pey choisir des espaces pluriels ou multiples

J’ai vu Serge Pey choisir des espaces-ponctuels, des espaces circulaires et des espaces pluriels ou multiples

L’espace, c’est un corps, pas un vide

J’ai vu le corps de Serge Pey dans le corps de l’espace

J’ai vu le corps de l’espace dans le corps de Serge Pey

Le corps du performeur n’est pas celui d’un acteur

Le corps du performeur c’est une matière

Le corps du performeur c’est une matière qui se met en rapport avec d’autres matières

L’espace, dans la performance, c’est une matière

Le performeur devrait, en quelque sorte, disparaître dans l’action

Le performeur devrait, en quelque sorte, se dissoudre dans la matière

Le corps du performeur c’est une matière

L’espace, dans la performance, c’est une matière

Le performeur devrait, en quelque sorte, se dissoudre dans l’espace

Artaud disait : il y a un esprit dans la chair.

Pour faire une action il faut montrer l’esprit de la chair

On sent l’esprit de la chair dans les actions de Serge Pey

Le corps du performeur c’est une matière

L’espace, dans la performance, c’est une matière

Frapper un point de l’espace c’est faire un signal pour l’oreille

Frapper un point de l’espace c’est le signaler visuellement

Regarder un espace c’est ressentir l’espace

Regarder l’espace d’une action de Serge Pey c’est ressentir Serge Pey

Regarder l’espace de Serge Pey c’est construire un trajet

Regarder l’espace de Serge Pey c’est parcourir une distance

Construire un trajet et parcourir une distance c’est créer une situation

Une situation exige la co-présence de quelques personnes

Une situation c’est une invitation à faire ou à ne pas faire quelque chose

L’art, pour Serge Pey c’est la création d’une situation

L’art, pour Serge Pey c’est la création d’une situation

L’art, pour Serge Pey c’est la création d’une situation pas évidente

Construire un trajet et parcourir une distance c’est créer une situation pas évidente

Parler d’évidence c’est parler de quelque chose de clair

Parler d’évidence c’est parler de quelque chose déjà connue

L’art, pour Serge Pey c’est la création d’une situation pas évidente

L’art contient l’inconnu

L’art de Serge Pey contient l’inconnu

L’inconnu –nous dit Blanchot- c’est un neutre

L’inconnu c’est n’est pas le trajet ou la voie pour arriver au connu

L’art de Serge Pey c’est la création d’une situation qui contient l’inconnu

L’inconnu –nous dit Blanchot- échappe à la négation

L’art de Serge Pey est destruction

L’art de Serge Pey est création

L’art de Serge Pey est destruction et création

Toute destruction est une construction

La destruction et la construction sont la même chose

La destruction c’est une sorte de production

Dans beaucoup de performances, la notion de destruction est présente

La destruction c’est un retour à l’origine

Dans beaucoup de performances, il y a un retour à l’origine

Dans les actions de Serge Pey il y a un retour à l’origine

Dans Serge Pey, l’idée de destruction est en relation avec l’idée de mort

L’inconnu – nous dit Blanchot – échappe à la négation

Dans Serge Pey, les idées de destruction et de mort échappent à la négation

L’art, pour Serge Pey c’est la création d’une situation

Dans Serge Pey, la destruction et la mort habitent la situation créée

L’art de Serge Pey c’est la création d’une situation qui contient l’inconnu

Dans Serge Pey, la destruction et la mort habitent l’inconnu

L’inconnu –nous dit Blanchot- échappe à la négation

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix au-delà de sa voix

D’une voix qui tourne et se relie à une spirale ascendante

D’une voix qui tourne et se relie à une spirale contagieuse qui nous invite, qui nous donne la main

D’une voix qui tourne

Ramifications du son

Ramifications du son. Arbre des voix

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps au-delà de son corps

Son rythme éclate en voix.

Mathématique du souffle

Mathématique du cri

Mathématique du souffle et du cri

Rythme qui respire

Rythme-respiration qui se répand, qui se dilate, qui se dissout en rythme

L’art de Serge Pey contient l’inconnu

La voix et le corps de Serge Pey habitent l’inconnu

La voix et le corps de Serge Pey forment une continuité

La voix et le corps de Serge Pey forment une continuité de discontinuités

La discontinuité étaye et affirme la continuité

La voix et le corps de Serge Pey forment une continuité affirmée par la discontinuité

La voix et le corps de Serge Pey bâtissent une totalité de fragments

Le fragment est le résultat d’une destruction

L’art de Serge Pey est destruction et création

La destruction, c’est une sorte de production

Dans beaucoup de performances, la notion de destruction est présente

D’une destruction qui se déroule dans le temps

Je sens le temps

Je sens le temps dans les performances de Serge Pey

La voix et le corps de Serge Pey bâtissent une totalité de fragments

Je sens le temps dans les performances de Serge Pey d’une manière globale

Je sens le temps dans les performances de Serge Pey d’une manière globale et fragmentaire en même temps

Le fragment est le résultat d’une destruction

Je sens le temps

La fragmentation du temps facilite la perception du temps

La discontinuité du temps facilite la perception du temps

La fragmentation et la discontinuité du temps facilitent la perception du temps

On remarque mieux le temps quand celui-ci n’est pas lié à un discours, à une narration

Les performances de Serge Pey ne suivent pas un discours ou une narration quelconque

Le temps dans les performances de Serge Pey n’est pas lié à un discours

Le discours  en lui-même -nous dit Barthes- c’est une grande phrase

Le temps dans les performances de Serge Pey n’est pas lié à une grande phrase

Le temps dans les performances de Serge Pey est linéaire

Le temps dans les performances de Serge Pey est circulaire

Le temps dans les performances de Serge Pey est linéaire et circulaire en même temps

Pour les chinois aussi, le temps est aussi linéaire et circulaire en même temps

Le temps linéaire dans les performances de Serge Pey est constitué par une succession de fragments

Le fragment est le résultat d’une destruction

Le temps linéaire dans les performances de Serge Pey est constitué par une succession de destructions

Le temps dans les performances de Serge Pey est linéaire et circulaire en même temps

Le temps circulaire contient le fait du retour, du cercle, du recommencement

Le temps circulaire dans les performances de Serge Pey est constitué par une succession de fragments ronds

Tout cercle évoque l’équilibre

Le temps circulaire dans les performances de Serge Pey  évoque l’équilibre

La lettre O est ronde

La lettre O évoque l’équilibre

Picabia nous disait que notre tête est ronde afin que la pensée puisse changer d’adresse

Je sens le temps dans les performances de Serge Pey d’une manière ronde

Dans les performances de Serge Pey, le temps danse en rond

Dans les performances de Serge Pey, la voix danse en rond

Je sens le temps dans les performances de Serge Pey d’une manière ronde et fragmentaire au même temps

Le fragment est le résultat d’une destruction

Le fragment est fragment parce qu’il touche l’interruption et le vide

Le fragment touche le vide de ses quatre côtés

La voix de Serge Pey bâtit une totalité de fragments

La voix et le corps de Serge Pey bâtissent une totalité de fragments

La voix de Serge Pey touche le vide de ses quatre cotés

La voix et le corps de Serge Pey touchent le vide de ses quatre cotés

Le temps linéaire, dans les performances de Serge Pey, inclut le vide

Le temps circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclut le vide

Le temps linéaire et circulaire, dans les performances de Serge Pey, touche le vide de ses quatre côtés

Le vide –nous dit Barthes- c’est le retour du nouveau, contraire à la répétition

Le temps linéaire et circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclut le retour du nouveau, contraire à la répétition

L’art c’est la création du nouveau

La création du nouveau c’est le retour du nouveau

Le temps linéaire et circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclut le retour du nouveau, contraire à la répétition

Le temps circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclut le vide

Tout cercle encercle le vide

Le temps circulaire inclut et encercle le vide

Le temps circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclut et encercle le vide

Le poète –nous dit Pey- est un promeneur au bord d’un précipice

Dans les performances de Serge Pey, le vide scintille

Dans les performances de Serge Pey, le vide brille

Le vide, par son absence, invoque le plein

Le temps linéaire et circulaire, dans les performances de Serge Pey, invoque le plein

Le temps circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclût le temps vide

Les performances de Serge Pey incluent le temps vide

Mais le vide n’est pas le silence

Pour Michaux le vide  est l’ombre du silence

Le silence dissout l’affirmation et la négation

Le silence est le point de départ de toutes les choses

Dans les actions de Serge Pey je trouve des silences

Dans les actions de Serge Pey, je trouve des blocs de mots basés sur des silences irréguliers

Dans les actions de Serge Pey, je trouve des blocs de mots basés sur des silences irréguliers et sur des ombres de silences irréguliers

Dans l’action, le vide se transforme en signe

Dans l’action, le temps vide se transforme en signe

Dans l’action, l’espace est un signe

Dans l’action, le corps est un signe

Dans l’action, le temps est un signe

Dans l’action, le temps vide est aussi un signe

Tous les signes -nous dit Serge Pey- sont des mots

Dans les actions de Serge Pey, le vide, après ses mots, se remplit des mots

Le vide –nous dit Barthes- c’est le retour du nouveau, contraire à la répétition

Dans les actions de Serge Pey, le vide, après ses mots, se remplit des mots contraires à la répétition de ces mots

Dans l’action, le vide est aussi un signe

Dans l’action, le temps vide est aussi un signe

Tous les signes -nous dit Serge Pey- sont des mots

Écouter Serge Pey

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix au-delà de sa voix

D’une voix qui tourne et se relie à une spirale ascendante

À une spirale qui touche l’excès

D’un excès qui caresse la connaissance

D’un excès qui frôle la souveraineté

D’un excès qui atteint le vide

D’une voix qui tourne et se relie à la connaissance, à la souveraineté et au vide

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix au-delà de sa voix

Une voix qui respire avec les poumons, avec le cœur, avec le foie, avec les intestins

Une voix qui respire et a l’odeur du corps

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps au-delà de son corps

Balancement dans l’espace

La voix s’inonde du bruit de ses pieds

La voix s’inonde du bruit de ses jambes

La voix s’inonde du bruit de sa gorge

La voix s’inonde du bruit de son corps

Balancement dans l’espace. Le corps marche et écrit

Écriture faite avec du son

Écriture faite avec du geste

Écriture faite avec des objets

Écriture de rythmes

Dans Serge Pey, la voix se contamine de geste et le geste de voix

Dans Serge Pey, le mot se remplit de geste et le geste de mots

Écriture sans écriture

Écriture non écrite

Écriture non écrite qui n’a pas de fin ni de commencement

Écriture visuelle

Écriture visuelle qui manifeste sa propre extériorité

Écriture visuelle en rapport avec le terrain général de la créativité

Écriture de rythmes

Des rythmes qu’on peut ressentir

Des rythmes qu’on peut toucher

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix au-delà de sa voix

Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps au-delà de son corps

Les mots de Serge Pey, se cachent et s’abritent  dans sa voix

Écouter celui qui coupe la peau des mots et les ouvre comme un fruit frais

Écouter c’est ressentir

Écouter c’est  ressentir qu’il y a quelque chose en arrière, plus loin

Écouter