poésie d'action

Bartolomé Ferrando

De quelqes caractéristiques dans l'art d'action de Serge Pey

Écouter
Écouter, c’est ressentir
Écouter, c’est  ressentir qu’il y a quelque chose en arrière, plus loin
Écouter quelques mots c’est regarder par dessus de ces mots
Écouter quelques mots c’est regarder et ressentir
Écouter quelques mots c’est regarder et ressentir au-delà de ces mots
Écouter quelques mots c’est vibrer au-delà de ces mots
Les mots de Serge Pey, se cachent et s’abritent  dans sa voix
Écouter celui qui coupe la peau des mots et les ouvre comme un fruit frais
Écouter Serge Pey, qui coupe la peau des mots et les ouvre comme un fruit frais
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix au-delà de sa voix
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de ses pieds au-delà de ses pieds
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps au-delà de son corps
Écouter Serge Pey c’est s’introduire dans sa respiration au-delà de sa respiration
Pour Serge Pey, l’art est une respiration dans la contradiction
La respiration fait partie de l’espace
La respiration dans la contradiction fait partie de l’espace
La respiration fait partie de la performance
L’espace fait partie de la performance
On choisit l’espace quand on veut faire une performance
J’ai vu Serge Pey choisir des espaces ponctuels
J’ai vu Serge Pey choisir des espaces circulaires
J’ai vu Serge Pey choisir des espaces pluriels ou multiples
J’ai vu Serge Pey choisir des espaces-ponctuels, des espaces circulaires et des espaces pluriels ou multiples
L’espace, c’est un corps, pas un vide
J’ai vu le corps de Serge Pey dans le corps de l’espace
J’ai vu le corps de l’espace dans le corps de Serge Pey
Le corps du performeur n’est pas celui d’un acteur
Le corps du performeur c’est une matière
Le corps du performeur c’est une matière qui se met en rapport avec d’autres matières
L’espace, dans la performance, c’est une matière
Le performeur devrait, en quelque sorte, disparaître dans l’action
Le performeur devrait, en quelque sorte, se dissoudre dans la matière
Le corps du performeur c’est une matière
L’espace, dans la performance, c’est une matière
Le performeur devrait, en quelque sorte, se dissoudre dans l’espace
Artaud disait : il y a un esprit dans la chair.
Pour faire une action il faut montrer l’esprit de la chair
On sent l’esprit de la chair dans les actions de Serge Pey
Le corps du performeur c’est une matière
L’espace, dans la performance, c’est une matière
Frapper un point de l’espace c’est faire un signal pour l’oreille
Frapper un point de l’espace c’est le signaler visuellement
Regarder un espace c’est ressentir l’espace
Regarder l’espace d’une action de Serge Pey c’est ressentir Serge Pey
Regarder l’espace de Serge Pey c’est construire un trajet
Regarder l’espace de Serge Pey c’est parcourir une distance
Construire un trajet et parcourir une distance c’est créer une situation
Une situation exige la co-présence de quelques personnes
Une situation c’est une invitation à faire ou à ne pas faire quelque chose
L’art, pour Serge Pey c’est la création d’une situation
L’art, pour Serge Pey c’est la création d’une situation
L’art, pour Serge Pey c’est la création d’une situation pas évidente
Construire un trajet et parcourir une distance c’est créer une situation pas évidente
Parler d’évidence c’est parler de quelque chose de clair
Parler d’évidence c’est parler de quelque chose déjà connue
L’art, pour Serge Pey c’est la création d’une situation pas évidente
L’art contient l’inconnu
L’art de Serge Pey contient l’inconnu
L’inconnu –nous dit Blanchot- c’est un neutre
L’inconnu c’est n’est pas le trajet ou la voie pour arriver au connu
L’art de Serge Pey c’est la création d’une situation qui contient l’inconnu
L’inconnu –nous dit Blanchot- échappe à la négation
L’art de Serge Pey est destruction
L’art de Serge Pey est création
L’art de Serge Pey est destruction et création
Toute destruction est une construction
La destruction et la construction sont la même chose
La destruction c’est une sorte de production
Dans beaucoup de performances, la notion de destruction est présente
La destruction c’est un retour à l’origine
Dans beaucoup de performances, il y a un retour à l’origine
Dans les actions de Serge Pey il y a un retour à l’origine
Dans Serge Pey, l’idée de destruction est en relation avec l’idée de mort
L’inconnu – nous dit Blanchot – échappe à la négation
Dans Serge Pey, les idées de destruction et de mort échappent à la négation
L’art, pour Serge Pey c’est la création d’une situation
Dans Serge Pey, la destruction et la mort habitent la situation créée
L’art de Serge Pey c’est la création d’une situation qui contient l’inconnu
Dans Serge Pey, la destruction et la mort habitent l’inconnu
L’inconnu –nous dit Blanchot- échappe à la négation
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix au-delà de sa voix
D’une voix qui tourne et se relie à une spirale ascendante
D’une voix qui tourne et se relie à une spirale contagieuse qui nous invite, qui nous donne la main
D’une voix qui tourne
Ramifications du son
Ramifications du son. Arbre des voix
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps au-delà de son corps
Son rythme éclate en voix.
Mathématique du souffle
Mathématique du cri
Mathématique du souffle et du cri
Rythme qui respire
Rythme-respiration qui se répand, qui se dilate, qui se dissout en rythme
L’art de Serge Pey contient l’inconnu
La voix et le corps de Serge Pey habitent l’inconnu
La voix et le corps de Serge Pey forment une continuité
La voix et le corps de Serge Pey forment une continuité de discontinuités
La discontinuité étaye et affirme la continuité
La voix et le corps de Serge Pey forment une continuité affirmée par la discontinuité
La voix et le corps de Serge Pey bâtissent une totalité de fragments
Le fragment est le résultat d’une destruction
L’art de Serge Pey est destruction et création
La destruction, c’est une sorte de production
Dans beaucoup de performances, la notion de destruction est présente
D’une destruction qui se déroule dans le temps
Je sens le temps
Je sens le temps dans les performances de Serge Pey
La voix et le corps de Serge Pey bâtissent une totalité de fragments
Je sens le temps dans les performances de Serge Pey d’une manière globale
Je sens le temps dans les performances de Serge Pey d’une manière globale et fragmentaire en même temps
Le fragment est le résultat d’une destruction
Je sens le temps
La fragmentation du temps facilite la perception du temps
La discontinuité du temps facilite la perception du temps
La fragmentation et la discontinuité du temps facilitent la perception du temps
On remarque mieux le temps quand celui-ci n’est pas lié à un discours, à une narration
Les performances de Serge Pey ne suivent pas un discours ou une narration quelconque
Le temps dans les performances de Serge Pey n’est pas lié à un discours
Le discours  en lui-même -nous dit Barthes- c’est une grande phrase
Le temps dans les performances de Serge Pey n’est pas lié à une grande phrase
Le temps dans les performances de Serge Pey est linéaire
Le temps dans les performances de Serge Pey est circulaire
Le temps dans les performances de Serge Pey est linéaire et circulaire en même temps
Pour les chinois aussi, le temps est aussi linéaire et circulaire en même temps
Le temps linéaire dans les performances de Serge Pey est constitué par une succession de fragments
Le fragment est le résultat d’une destruction
Le temps linéaire dans les performances de Serge Pey est constitué par une succession de destructions
Le temps dans les performances de Serge Pey est linéaire et circulaire en même temps
Le temps circulaire contient le fait du retour, du cercle, du recommencement
Le temps circulaire dans les performances de Serge Pey est constitué par une succession de fragments ronds
Tout cercle évoque l’équilibre
Le temps circulaire dans les performances de Serge Pey  évoque l’équilibre
La lettre O est ronde
La lettre O évoque l’équilibre
Picabia nous disait que notre tête est ronde afin que la pensée puisse changer d’adresse
Je sens le temps dans les performances de Serge Pey d’une manière ronde
Dans les performances de Serge Pey, le temps danse en rond
Dans les performances de Serge Pey, la voix danse en rond
Je sens le temps dans les performances de Serge Pey d’une manière ronde et fragmentaire au même temps
Le fragment est le résultat d’une destruction
Le fragment est fragment parce qu’il touche l’interruption et le vide
Le fragment touche le vide de ses quatre côtés
La voix de Serge Pey bâtit une totalité de fragments
La voix et le corps de Serge Pey bâtissent une totalité de fragments
La voix de Serge Pey touche le vide de ses quatre cotés
La voix et le corps de Serge Pey touchent le vide de ses quatre cotés
Le temps linéaire, dans les performances de Serge Pey, inclut le vide
Le temps circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclut le vide
Le temps linéaire et circulaire, dans les performances de Serge Pey, touche le vide de ses quatre côtés
Le vide –nous dit Barthes- c’est le retour du nouveau, contraire à la répétition
Le temps linéaire et circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclut le retour du nouveau, contraire à la répétition
L’art c’est la création du nouveau
La création du nouveau c’est le retour du nouveau
Le temps linéaire et circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclut le retour du nouveau, contraire à la répétition
Le temps circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclut le vide
Tout cercle encercle le vide
Le temps circulaire inclut et encercle le vide
Le temps circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclut et encercle le vide
Le poète –nous dit Pey- est un promeneur au bord d’un précipice
Dans les performances de Serge Pey, le vide scintille
Dans les performances de Serge Pey, le vide brille
Le vide, par son absence, invoque le plein
Le temps linéaire et circulaire, dans les performances de Serge Pey, invoque le plein
Le temps circulaire, dans les performances de Serge Pey, inclût le temps vide
Les performances de Serge Pey incluent le temps vide
Mais le vide n’est pas le silence
Pour Michaux le vide  est l’ombre du silence
Le silence dissout l’affirmation et la négation
Le silence est le point de départ de toutes les choses
Dans les actions de Serge Pey je trouve des silences
Dans les actions de Serge Pey, je trouve des blocs de mots basés sur des silences irréguliers
Dans les actions de Serge Pey, je trouve des blocs de mots basés sur des silences irréguliers et sur des ombres de silences irréguliers
Dans l’action, le vide se transforme en signe
Dans l’action, le temps vide se transforme en signe
Dans l’action, l’espace est un signe
Dans l’action, le corps est un signe
Dans l’action, le temps est un signe
Dans l’action, le temps vide est aussi un signe
Tous les signes -nous dit Serge Pey- sont des mots
Dans les actions de Serge Pey, le vide, après ses mots, se remplit des mots
Le vide –nous dit Barthes- c’est le retour du nouveau, contraire à la répétition
Dans les actions de Serge Pey, le vide, après ses mots, se remplit des mots contraires à la répétition de ces mots
Dans l’action, le vide est aussi un signe
Dans l’action, le temps vide est aussi un signe
Tous les signes -nous dit Serge Pey- sont des mots
Écouter Serge Pey
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix au-delà de sa voix
D’une voix qui tourne et se relie à une spirale ascendante
À une spirale qui touche l’excès
D’un excès qui caresse la connaissance
D’un excès qui frôle la souveraineté
D’un excès qui atteint le vide
D’une voix qui tourne et se relie à la connaissance, à la souveraineté et au vide
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix au-delà de sa voix
Une voix qui respire avec les poumons, avec le cœur, avec le foie, avec les intestins
Une voix qui respire et a l’odeur du corps
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps au-delà de son corps
Balancement dans l’espace
La voix s’inonde du bruit de ses pieds
La voix s’inonde du bruit de ses jambes
La voix s’inonde du bruit de sa gorge
La voix s’inonde du bruit de son corps
Balancement dans l’espace. Le corps marche et écrit
Écriture faite avec du son
Écriture faite avec du geste
Écriture faite avec des objets
Écriture de rythmes
Dans Serge Pey, la voix se contamine de geste et le geste de voix
Dans Serge Pey, le mot se remplit de geste et le geste de mots
Écriture sans écriture
Écriture non écrite
Écriture non écrite qui n’a pas de fin ni de commencement
Écriture visuelle
Écriture visuelle qui manifeste sa propre extériorité
Écriture visuelle en rapport avec le terrain général de la créativité
Écriture de rythmes
Des rythmes qu’on peut ressentir
Des rythmes qu’on peut toucher
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de sa voix au-delà de sa voix
Écouter Serge Pey c’est vibrer au rythme de son corps au-delà de son corps
Les mots de Serge Pey, se cachent et s’abritent  dans sa voix
Écouter celui qui coupe la peau des mots et les ouvre comme un fruit frais
Écouter c’est ressentir
Écouter c’est  ressentir qu’il y a quelque chose en arrière, plus loin
Écouter