poésie d'action

Esther Ferrer

Mesostic

Tout bâton est une majuscule qui recommence la terre – S.P.
Le Cercle et le bâton.

Et me voilà, Serge, décidée à écrire un mesosTic :

Quand je pense à tOn travail
Me revient toUjours à la mémoire
ces premiers vers d’un de Tes vieux poèmes

que j’aime Bien.
Peut-être c’est une Anomalie de ma pensée…
mais dans ma Tête, en le lisant
apparaît prOjetée l’image,
de ce bâtoN,

commE un arbre géant,
qui devient une majuScule superbe
écrivanT à la fois

et sUr la terre et sur le ciel.
MoN ami
tout à coup jE réalise qu’il est très difficile

d’écrire un Mesostic correct
en respectAnt les règles,
mais malgré tout Je vais le faire.
Je voUdrais te parler par exemple
deS images fantastiques
qui apparaissent Comme en rêve en lisant ton poème :
de cette immense forêt d’écritUres
qui forment en haut La ramification,
Et en bas les racines, pénétrant la terre,

mais ici, le coQ (à l’âne ?) s’impose
car malheUreusement
c’est l’unIque mot

dans la langue de Rimbaud
qui n’a pas bEsoin d’un u après le q.
Ainsi je suis obligée de Changer
tOut le sens du texte.
Finie la Magie de tes vers,
finies aussi les éMotions,
finiE la beauté des images.
FiNie l’envolée poétique,
fini Gilgamesh et son parCours,
pas d’avEnture, tout est fini.

Tout, sauf Le mesostic bien sûr,
qui m’Angoisse et m’empêche de parler

de Toi
dE tes bâtons
de ton Rythme
de tes cRis
dE ton courage.

Tout eSt fini, le vers, les cris,
le Poème, et même le mesostic.