MENU SERGE PEY / POÉSIE D'ACTION
 
1. BIOGRAPHIE 2. BIBLIOGRAPHIE 3. MUSÉE VIRTUEL 4. INTERNATIONALE DU RHYTME 5. ACTUALITÉ 6. CONTACT

 
I. Emeute et Tribu II. Symbolique III. Les bâtons IV. L'engagement V. Le théâtre VI. La performance
VII. Poétique VIII. Oeuvre sonore IX. Plasticien X. Les ateliers XI. Editions XII. Poèmes

 

 

II. Une Symbolique des passages.

 

Le travail de Serge Pey dans la poésie contemporaine se définit comme une articulation entre écriture et oralité. Se déclarant lui-même comme un héritier des poésie du monde il ouvre des passages dans les poésies traditionnelles des peuples sans écriture, la poésie médiévale,  les pulsions du zaoum et celles de la poésie sonore. à la suite de Jerome Rothemberg on a pu attribuer une partie de son travail à l’espace de l’ethnopoésie. La façon de médiatiser son poème ou de l’illustrer oralement passe par une rythmique faisant appel à toutes les ressources du corps : battement de pieds, percussions avec ses mains, voix de ventre et de gorges. Il déclare lui-même vouloir « champter » son poème. Dans sa diction vertigineuse proche de l’hallucination, le rythme restitue la colonne vertébrale de son texte. Serge Pey reste le musicien ou le batteur inégalé de son poème. Ses récitals avec Allen Ginsberg illustrent la force de son engagement de diseur.
Puisant les thèmes de son écriture plus particulièrement dans les symboliques d’un « mysticisme athée », ses livres :Bâtons de la différence entre les bruitsLe millier de l’airLa Parole des bâtonsDieu est un chien dans les arbres ou Poèmes à l’usage des chemins et des bâtons sont des explorations mystiques de la marche de la vie dans l’absolu de sa naissance permanente.

Écrits comme des constructions symboliques ces poèmes témoignent aussi de la force mystique de son écriture fraternelle de Pessoa ou de Reverdy ou encore de la théologie négative d’Angélus Silesius dont il partage les labyrinthes de connaissance. Des traités d’alchimie à la pensée orientale du taoïsme jusqu’aux détours par la philosophie présocratique et gnostique sa poésie couvre des champs immenses de la spiritualité.Le travail mené par le poète autour des poésies premières s’est manifesté particulièrement par la publication et les « performances » réalisées autour du Peyotl.  Son livre, Nierika ou les mémoires du cinquième soleil , réalisé à partir de la cosmogonie et des pratiques hallucinogènes des indiens huichols a ouvert un majeur dans les littératures de l’extase, à côté de ceux de Ginsberg, de Charles Duit ou de Burroughs. Son poème, dédié aux indiens huichols, est ainsi un hommage aux langues de la vision. 
Le « Nierika », qu’il évoque, est un trou qu’il réalise dans la matière pour voir à travers elle. Ceci reste pour lui une définition de la poésie. Du côté de Lucrèce et de Spinoza sa poésie de déploie dans une spiritualité de la matière.